Le contrôle du prix de l'essence par l'Etat est-il efficace?

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Le contrôle du prix de l'essence par l'Etat est-il efficace?

Message par Résistons le Lun 27 Aoû 2012 - 13:26


Moscovici doit dévoiler son plan pour baisser les prix, mais sa marge de manœuvre est faible.

Mais ce plan sera, ou pourra t-il avoir une efficacité quelconque?

Qu'en pensez-vous?

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Re: Le contrôle du prix de l'essence par l'Etat est-il efficace?

Message par Résistons le Mar 28 Aoû 2012 - 16:41

Pour mieux comprendre, voici comment se décompose le prix du litre à la pompe :



1 litre de Brent : 58,8 centimes d'euros (40,3%)

58,8 centimes d'euros, c'est le prix du pétrole brut. Il est fixé sur les marchés en fonction de la demande, de la consommation de produits pétroliers (essence, gazole, fioul, etc.) et de la production. Pourquoi augmente-t-il ? "Il y a un certain nombre d'aléas géopolitiques qui freinent la production", explique l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

Premièrement l'embargo sur l'Iran, conséquences des disputes sur le nucléaire iranien. Le deuxième producteur, la Russie, n'a pas de marge de progression par rapport à ses capacités. La production irakienne reprend doucement après s'être arrêtée pendant la guerre. La Libye ne représente qu'1,6 millions de barils par jour, sur les 85 millions produits dans le monde quotidiennement. En attendant, seul l'Arabie Saoudite, premier producteur, compense le manque de pétrole disponible en augmentant sa production. Mais le pays produit déjà 10 millions de barils par jour, et peut difficilement aller au-delà sans engager d'importants travaux.

Côté demande, l'Asie continue de consommer. En France, l'augmentation du prix provoque une baisse de la consommation, mais elle ne devrait pas dépasser 1% d'ici la fin de l'année, selon l'Ufip : "C'est un simple ajustement du comportement des consommateurs, mais à la marge." La demande augmente donc plus vite que l'offre.

Troisième phénomène : le recul de l'euro face au dollar. Le pétrole s'achète en dollar et se vend en euro à la pompe, ce qui entraîne une augmentation mécanique du prix pour le consommateur.

Raffinage du litre de Brent en gazole : 10,8 centimes (7%)

Pour être utilisé, le pétrole brut doit être transformé. Notamment à travers les raffineries. Le coût du raffinage dépend de la capacité de raffinage (le nombre de raffineries et leur taille) dans une région donnée. Or "en France, nous sommes passé de 12 raffineries en 2009 à 9 raffineries en 2011", explique l'Ufip. Total a fermé à Dunkerque, Petroplus en Alsace. Celle d'Ineos dans le Sud de la France est en difficultés. Comment expliquer ces fermetures ? "On estime que pour être à l'équilibre, une raffinerie doit vendre 25 à 30 euros la tonne. En 2011, le prix de pétrole raffiné était de 14 euros par tonne. Résultat : le secteur a accusé une perte sèche. Depuis le début de l'année, les marges ont augmenté, et elles se situent en moyenne à 30 euros, ce qui fait dire aux associations de consommateurs que les marges ont doublé. Mais elles se situent en réalité juste au-dessus de leur point d'équilibre."

Distribution d'un litre de gazole : 8,5 centimes d'euros (5,8%)

La plupart des raffineries d'Europe continentale se situent dans la région de Rotterdam : Pays-Bas, Belgique, Allemagne. C'est la raison pour laquelle le coût du raffinage est intégré dans la cote fixée à Rotterdam. Cette cote, qui est donc la somme du prix du pétrole brut et du prix moyen de raffinage, s'impose aux distributeurs français, qui doivent en outre assumer plusieurs coûts : celui du transport depuis la raffinerie jusqu'à l'un des 200 dépôts français, en camion ou en pipeline, le coût du stockage (technique et trésorerie), le coût d'acheminement vers la station service et enfin le coût de la station (cuve de stockage, salaires, entretien, etc.).

Au final, la marge des distributeurs représente en moyenne un centime d'euros par litre. Une grosse somme, vue l'importance de la consommation. Mais dans le détail, les situations sont diverses. Les grandes surfaces, qui distribuent 60% de la consommation, pratiquent déjà de faibles marges. Lundi, les magasins Leclerc et Système U avaient devancé l'appel du gouvernement, en s'engageant à vendre le carburant à prix coûtant jusqu'à fin septembre. Ce qui n'a pas vraiment été du goût de certaines enseignes rivales. D'autres comme Carrefour, ou le pétrolier Total se sont dits prêts à accompagner l'effort du gouvernement.

Taxes sur un litre de gazole : 66,7 centimes d'euros (45,70% du prix)

L'Etat prélève plusieurs taxes sur le carburant. La TICPE (ou taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ex-TIPP), qui est fixe et égale à 42,8 centimes pour un litre de gazole. La TVA, comme tout autre produit, égale à 19,6%. Une particularité, cependant : la TVA s'applique également sur la TICPE. Au total, le montant des taxes représente 45,70% du prix du carburant.

Ne pouvant agir sur la TVA sans enfreindre les règles communautaires, la baisse des taxes s'appliquera uniquement sur la TICPE. Mais quel sera le montant exacte ? Les 3 centimes avancé par le gouvernement correspondent-ils uniquement à la baisse de la TICPE, auquel s'ajoutera une baisse mécanique des recettes de la TVA s'appliquant sur la TICPE ? Il est probable que ce soit 3 centimes globalement. Il faudra ensuite déduire 3 centimes côté "pétrolier". Sans que l'on sache, pour l'heure, comment cette baisse se répartira entre les distributeurs.

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